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Nièvre : les vestiges d'un mystérieux charnier médiéval ont été découverts

Les vestiges d'un charnier, contenant vingt à trente corps, ont été découverts récemment à Entrains-sur-Nohain, dans la Nièvre. Ils pourraient être les témoins d’un massacre perpétré dans un village au Moyen-Age.

  • B.L.
  • Publié le 17/12/2013 | 20:22, mis à jour le 20/12/2013 | 18:50
Les ossements ont été trouvés à Entrains-sur-Nohain, dans un puits à une profondeur comprise entre 3 et 7 mètres. © Stéphanie Hollocou/Inrap
© Stéphanie Hollocou/Inrap Les ossements ont été trouvés à Entrains-sur-Nohain, dans un puits à une profondeur comprise entre 3 et 7 mètres.


Pourquoi cette découverte est-elle étonnante ?

Entrains-sur-Nohain est une ancienne ville gallo-romaine, entourée de collines et de forêts. Au cours de fouilles entreprises avant la  construction d’une maison, les chercheurs de l'Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) ont exhumé "20 à 30 corps" qui se trouvaient dans un ancien puits construit dans  l'Antiquité.
Les ossements ont été trouvés à une profondeur comprise entre 3 et 7 mètres, ce qui correspond à "une sépulture de catastrophe". "On ne s'attendait pas à tomber sur un charnier. Il arrive qu'on retrouve des individus dans des puits, mais ce qui est étonnant ici, c'est le nombre de corps. C'est un cas unique", déclare Stéphane Venault, le responsable de la fouille. "C’est tellement atypique qu'on n'a pas d'élément de référence". "On est dans le flou".

© Captair
© Captair

Comment sont mortes ces victimes ?

"Une datation Carbone 14 livre un premier indice chronologique : si le puits est antique, les dépouilles sont attribuées au IXe  siècle de notre ère", précise l'institut. "La présence d'hommes, de femmes et d'enfants, parfois très jeunes, caractérise une population civile."
Les chercheurs avancent plusieurs hypothèses. Il pourrait s’agir notamment d’une épidémie ou d’un massacre de population, car la période comprise entre le VIIIe et le Xe siècle a été marquée par de nombreux troubles.

© Captair
© Captair

Peut-on faire parler les os ?

Les ossements ont fait l'objet d'une modélisation en 3D par la société Captair, une entreprise innovante, adossée au CNRS. Ces restes humains vont être étudiés pendant plusieurs mois pour déterminer le nombre d'individus et leur éventuel lien de parenté. Les scientifiques vont vérifier s'ils ont la même datation et tenter de comprendre la cause de leur mort.

A l'époque gallo-romaine, l'agglomération d'Intanarum se situait au nord-ouest du territoire de la population des Éduens, au carrefour d'un important réseau viaire romain. La fouille a également mis en évidence des ateliers de forge, un tronçon de voie romaine et une série d'habitations en pierre, qui ont été en activité jusqu'au IVe siècle.

La découverte suscite des réactions



Reportage de Sylvain Bouillot et Jean-Louis Saintain qui vous explique la technique de "relevé". Comment aujourd'hui on va plus loin que la photographie pour récolter des donnés, des indices et mieux comprendre ce qui s'est produit


Ossements trouvés dans un puit
Interviews de Raphaël Hautefort Directeur société "Captair", Stéphane Venault Archéologue responsable des fouilles/ Reportage de Sylvain Bouillot et Jean-Louis Saintain.






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