Avant le mouvement national de jeudi, une assemblée générale s'est tenue hier à la cour d'appel de Dijon. Les magistrats du siège et du Parquet dénoncent dans une motion "les carences des pouvoirs publics ne donnant pas à l'institution judiciaire les moyens nécessaires à son fonctionnement". Les juges dijonnais évoquent une possible manifestation.
Cette agitation, au sein d'un tribunal réputé peu frondeur, semble témoigner de la profondeur de la colère des magistrats dijonnais après les propos de Nicolas Sarkozy incriminant leurs collègues de Nantes, estimant que ce qui s'est produit là-bas peut survenir partout, tant est générale l'insuffisance des moyens de la justice.
Christophe Estève, juge d'application des peines et vice-président du tribunal de Dijon rappelle par exemple que 1800 mesures en milieu ouvert sont actuellement en cours dans la juridiction et qu'un conseiller du service pénitentiaire d'insertion et de probation gère 110 dossiers, alors que ce chiffre devrait être limité à 70.
En Saône-et-Loire, c'est un magistrat mâconnais qui souligne que la loi sur l'injonction de soins n'est pas respectée dans ce département. " Aujourd'hui, dit-il, 41 personnes condamnées pour agression sexuelle en Saône-et-Loire et qui ont purgé leur peine sont en liberté. Elles devraient faire l'objet d'un suivi médico-social, mais faute de médecin ccordonnateur, ce suivi ne peut avoir lieu".



