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Les complices de Treiber condamnés par la justice

Les complices de Jean-Pierre Treiber ont été condamnés à des peines allant de 18 mois ferme à 4 mois avec sursis.

  • P.R avec l'AFP
  • Publié le 13/04/2012 | 10:17
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Quatre sexagénaires, trois hommes et une femme ont été jugés le jeudi 12 avril 2012, devant le tribunal correctionnel d’Auxerre pour avoir aidé pendant sa cavale fin 2009 Jean-Pierre Treiber, le meurtrier présumé de Géraldine Giraud et   Katia Lherbier. Les complices ont été condamnés à des peines allant de 18 mois ferme à 4 mois avec sursis.

Ces quatre habitants de Seine-et-Marne, d'un milieu modeste, étaient soupçonnés d'avoir aidé Jean-Pierre Treiber à des degrés divers, de la fourniture de victuailles à celle d'un hébergement, durant ses dix semaines de fuite entre le 8 septembre et le 20 novembre 2009, date de son arrestation dans un appartement situé sur la commune de Melun.

Treiber s'était évadé de la maison d'arrêt d'Auxerre où il avait été placé en détention provisoire alors qu'il était accusé de ce double meurtre commis fin 2004.

Il s'était pendu le 20 février 2010 dans sa cellule de Fleury-Mérogis quelques semaines avant son procès. L'action judiciaire visant Treiber s'était donc éteinte mais les complices présumés de sa fuite restaient poursuivis.

"Je pense qu'on devait lui laisser une chance de trouver quelque chose pour s'en sortir. C'est une démarche interdite ce qu'on a fait. Il espérait un élément, ou dix ou vingt à sa décharge. C'est ce que je sais", a déclaré Michel Huys, 59 ans, un ancien collègue de travail de Treiber, qui, pour avoir hébergé Treiber, a été condamné à 18 mois de prison, dont 6 avec sursis.

"Je ne peux pas dire que je regrette. Cet homme s'est suicidé trois mois après sa réincarcération. Si j'avais appelé la gendarmerie le lendemain et qu'on en était arrivé au même point, ça aurait été à cause de moi !", avait-il dit lors de l'audience.

A partir du 10 octobre, il avait fourni un premier hébergement au fugitif dans un studio situé dans une dépendance, à proximité de la ferme qu'il occupe alors avec sa compagne, Marie-Thérèse Fournier, dans le village des Ecrennes, en Seine-et-Marne. Pendant près d'un mois, le couple avait ravitaillé et habillé le fugitif, partageant certains de ses repas. Mais l'ouvrier agricole, qui a "agi par amitié", a avoué "supporter mal la pression". Il s'était alors tourné vers un ami, Régis Charpentier, 55 ans, afin qu'il prenne le relais. Charpentier avait alors logé Treiber dans un appartement de Melun loué au nom de sa fille, qui ignorait tout de cette installation. Parallèlement, il tentait de négocier des droits d'auteur et des droits à l'image du fugitif, auprès de différents intermédiaires. Estimant que M. Charpentier, le seul du groupe à avoir un passé judiciaire, avait voulu tirer profit de la situation, le tribunal l'a condamné à 2 ans de prison, dont 6 mois avec sursis.

A l'encontre de Marie-Thérèse Fournier, 62 ans, qui, selon le parquet, "a suivi Michel Huys", et Christian Top, 59 ans, "le moins impliqué", le tribunal a prononcé des peines respectives de 8 mois et 4 mois de prison avec sursis. Le tribunal a quasiment suivi à la lettre les réquisitions du procureur de la République d'Auxerre, qui allaient de 2 ans de prison ferme à 6 mois avec sursis. Le procureur, François Pérain, a insisté sur le fait que les peines "en dessous de 2 ans" étaient "aménageables". Les quatre accusés sont donc ressortis libres du tribunal. Jugés pour "recel de malfaiteur", ils étaient passibles de trois ans de prison et 45.000 euros d'amende. Les avocats de la défense avaient demandé la clémence du tribunal, l'un d'eux soulignant que son client, Régis Charpentier, n'avait "rien fait aux deux malheureuses qui ont disparu".

"Le tribunal a reconnu la culpabilité, personne ne retourne en prison, C'est l'essentiel",

a conclu Me Gérard Schulmann à l'issue de l'audience.

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